Né à Vienne le 30 octobre 1935, sa famille s'était réfugiée en France après l'Anschluss en 1938 (annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie).
Après la déclaration de guerre, ses parents, Julius et Séraphine, subirent les mesures de sécurité prises par le gouvernement français contre les ressortissants allemands et autrichiens. Atteinte de tuberculose, Séraphine fut internée à l'hôpital St Louis de Perpignan, puis au sanatorium de l'Espérance à Hauteville dans l'Ain. Julius fut consigné dans un groupement de travailleurs étrangers.
Confié à l'OSE , Georgy connut plusieurs maisons d'enfants avant de gagner celle d'Izieu : celle de Chaumont, puis le château de Masgelier dans la Creuse ; la maison de Campestre à Lodève, puis celle de Montpellier dans l'Hérault. C'est à la fin avril 1943 qu'il rejoint la Maison d'Izieu, alors dans la zone d'occupation italienne, puis sous occupation allemande à partir de septembre 1943.
Georgy était l'un des rares enfants d'Izieu à ne pas avoir ses parents déportés. Il pouvait même de temps en temps recevoir la visite de sa mère : Hauteville n'est pas très éloigné d'Izieu.
Le Musée d'Izieu conserve de nombreux clichés de Georgy. On est frappé par son apparente vitalité et joie de vivre. Le musée possède aussi des dessins, et des lettres qu'il envoyait à ses parents où, dans la plupart, il les couvrait de « 100000000000... bersers (Sic) ».
Le 6 avril 1944, Georgy fut arrêté avec ses camarades et 7 éducateurs par la Gestapo de Lyon dirigée par Klaus Barbie. Le 7, il est transféré de Lyon au camp d'internement de Drancy dans la région parisienne. Le 13, il est déporté par le convoi n°71 à destination d'Auschwitz. Le 15, il est débarqué sur la Judenrampe II et est assassiné à Birkenau.
Ses parents lui survécurent. Emigrés en Israël après la guerre, ils multiplièrent les démarches pour trouver sa trace et ce, jusque dans les années 1980...
Julius Halpern est mort le 7 avril 1989 et son épouse Séraphine l'a suivi le 1er novembre de la même année.
Chers élèves de ES et de S qui aurez le temps de me lire, Pardonnez-moi d'abord de m'incruster dans votre espace de parole libre...
Je m'adresse à vous tous, comme si vous faisiez partie d'une « communauté » d'expérience... Je ne peux en tout cas vous dissocier après avoir essayé de partager ce travail avec vous...
Je ne sais pas s'il y a un « devoir de mémoire » ; C'est une question plus morale qu'historique, et je ne suis que professeur d'Histoire-géographie. Disons cependant que ce « devoir » ne saurait être, selon moi, qu'un engagement individuel, librement choisi, comme chaque individu peut se sentir investi d'entretenir la mémoire de ses proches disparus. Je crois par contre qu'il y a un devoir de vigilance des citoyens que nous sommes... Être des « guetteurs du siècle », de ce XXIème naissant déjà sous les cris des enfants.Philippe Quintin.

